« D'ici à 2012, nous créerons plus de 100 000 offres d'accueil du jeune enfant chez les assistantes maternelles », déclarait dernièrement Nadine Morano. Pour répondre au déficit de places de garde d'enfants en France, chiffré à 350 000 par la Caisse nationale d'allocations familiales, la secrétaire d'État à la Famille avait déjà promis, en avril, 100 000 nouvelles places en crèche.
Pour augmenter les capacités d'accueil chez les « nounous », le gouvernement compte délivrer 45 000 nouveaux agréments et faire passer de trois à quatre le nombre maximum d'enfants que peut garder une assistante maternelle, disposition votée dans la dernière loi de financement de la Sécurité sociale.
Mais, selon une enquête du Crédoc parue en avril, les « nounous » figurent parmi les profils les plus difficiles à recruter et ce, malgré la crise. La situation devrait empirer dans les années qui viennent : 80 000 « nounous » vont partir en retraite d'ici 2015, d'après la Cour des comptes, qui craint « un risque de pénurie »
Du coup, la Confédération syndicale des familles « s'interroge sur la faisabilité » de ces créations de places annoncées. Professionnels et syndicats de la petite enfance (psychologues, puéricultrices, éducateurs...), réunis autour d'une pétition lancée mi-avril, dénoncent une « logique quantitative », qui pousserait les pouvoirs publics à ne raisonner qu'en nombre de places, au détriment d'un « accueil de qualité », assuré par des professionnels plus longuement formés que les « nounous ».
Ouest-France
04 mai 2009